16 février 2009
Revolutionary road
Parce que je trouve le titre français "Les noces rebelles" assez nul.
Je sors tout juste du cinéma et à vrai dire je ne sais pas trop quoi (en) penser. Une chose est sûre, c'est remarquablement bien filmé. Les scènes se font échos les unes aux autres (personnellement, j'adore).
Pour ce qui est de l'histoire, le contexte n'est pas très original. La force du film n'est pas là. La force du film, c'est de nous renvoyer à notre
propre vie, à nos propres lâchetés, à notre propre résignation.
J'ai trouvé le film assez pessimiste. Le personnage de Kate Winslet dit à un moment quelque chose comme "je ne peux pas vivre ailleurs, je ne peux pas vivre ici, je ne sers à rien" (citation hasardeuse). À partir de cette phrase, j'ai espéré que le film nous offre une solution positive. Mais en fait, rien de tout cela. On a perdu l'habitude des drames qui finissent vraiment comme des drames. C'est peut-être ça qui me perturbe : je n'ai pas envie de voir la réalité en face.
À la fin du film, je me suis dit, ça me fait penser à "American Beauty". Effectivement, c'est le même réalisateur, Sam Mendès. Et j'en garde un peu le même goût amer dans la bouche.
Peut-on réellement ne pas vivre de façon heureuse en vivant comme la société le voudrait ? Sommes-nous condamnés à être malheureux comme à peu près tous les personnages du film ? Le seul qui comprend tout dans ce film, c'est le fou. Et justement, la société le déclare fou. Oui, c'est un peu caricatural, mais ça nous pousse quand même à réfléchir.
Il est facile de se reconnaître dans ce film. On se dit tous qu'on n'est pas comme les autres, qu'on veut vivre des choses un peu folles. Mais au final, on finit comme Franck à se noyer dans une foule de clones, tous vêtus de façon identique.
Non, vraiment, je ne vois pas une interprétation positive à ce film. La scène finale est géniale (dans le contexte) : le vieux voisin qui coupe le son de son appareil auditif pour ne pas entendre son épouse. Geste de "préservation", mais surtout de résignation.
Alors, personnellement, du haut de mon optimisme, j'aspire encore à une vie heureuse, même si pas complètement délurée. J'espère pouvoir conserver un petit brin de folie par moment, sans pour autant mener une vie hors-normes.
Mais si ça se trouve, je ne suis pas différente des deux héros qui pensent au début pouvoir être épargnés par cette vie vide et désespérante. J'espère juste l'être.
01:15 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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